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La personnalité du village

Stéphane Poulin

As-tu déjà ouvert un livre illustré par Stéphane Poulin? De loin, on dirait un livre comme un autre : quatre côtés, en moyenne un centimètre d’épaisseur, de la couleur. Mais attention : un simple coup d’œil sur la couverture et on écarquille les yeux, on retient son souffle, le temps s’arrête… et doucement, avec le pouce et l’index, on soulève le coin de la couverture…

Les illustrations de Stéphane Poulin, on voudrait y entrer tellement elles semblent accueillantes. Nager dans ses vagues, grimper dans ses arbres, dormir sous ses édredons, porter ses chaussettes… Tout a l’air si vrai ! Et ses personnages, on souhaiterait devenir amis avec eux tellement ils ont l’air gentils! Benjamin le fabricant d’oreillers fantastiques, le Vieux Thomas et sa petite fée, Annabel et son amoureux la Bête… Il y a aussi Marius et son papa amoureux d’un autre monsieur, Daniel à la recherche de sa chatte Joséphine qui a une bougeotte pas possible, le petit Martin angoissé par son petit zizi…

Si les illustrations de Stéphane Poulin donnent envie d’y entrer et d’y passer de longs moments, c’est sans doute parce qu’il possède un don magique… un don qui doit lui venir des anges. Oui, c’est ça. Stéphane Poulin n’est pas un humain comme les autres : il est l’ami des anges… Et il leur emprunte les plumes de leurs ailes pour peindre…

Un illustrateur pas comme les autres…

Stéphane Poulin arrive sur Terre le 6 décembre 1961, à Montréal, et grandit au milieu d’une famille de huit frères et sœurs. À l’école, il est le bouffon de sa classe. Il aime la musique et les arts plastiques. Son meilleur souvenir de lecture : Le petit prince, de Saint-Exupéry. Son plat préféré : le poulet.

À 17 ans, il fait la lecture d’un ouvrage très savant où il est question de psychologie, de développement de l’enfant et de… contes de fées! Lorsqu’il tourne la toute dernière page du livre, c’est tout décidé : il va devenir illustrateur de livres pour enfants. Il s’inscrit donc au collège Ahuntsic, dans le nord de la ville de Montréal, où il entreprend des études en arts graphiques. L’année suivant la fin de ses études, il remporte son premier prix, décerné par Communication-Jeunesse. Un an plus tard, à 24 ans, il est l’un des illustrateurs les plus en vue au Canada. Depuis, il a illustré une cinquantaine de livres et a participé à de nombreuses expositions d’illustrations pour enfants, entre autres au Japon et en Italie. Il a reçu le prix du Gouverneur général du Canada en 1989 pour Benjamin et la saga des oreillers et en 1997 pour Poil de serpent et dent d’araignée. Et en 2003, il s’est vu remettre le prix du livre M. Christie pour L’oiseau des sables.

Les livres de Stéphane Poulin sont traduits en plusieurs langues dont l’anglais, l’allemand, le coréen et le japonais.

Mais nous ne croyons pas que c’est ce que Stéphane Poulin voudrait que l’on retienne de lui en premier lieu…

Stéphane Poulin ne travaille ni pour la gloire ni pour la fortune : il travaille pour le plaisir. Plutôt que d’accepter d’illustrer tous les livres qu’on lui propose – car il reçoit beaucoup, beaucoup de demandes, il préfère illustrer un ou deux livres d’images par année, travailler à son rythme et donner le meilleur de lui-même chaque fois. Le meilleur de lui-même, il le donne aussi comme papa de deux garçons. Il a décidé qu’il n’allait pas s’isoler de sa famille et s’installer dans un atelier pour peindre. Il travaille donc plutôt sur la table de la cuisine, entouré des siens. La cuisine, un lieu animé et chaleureux qui l’inspire, tout comme peut l’inspirer une conversation, une image, une pièce musicale, un livre…

Au début de sa carrière, Stéphane Poulin était réputé pour ses illustrations d’animaux : il en a fait toute une série! Il a déjà illustré ses propres histoires. Maintenant, il préfère illustrer celles d’autres auteurs, à la condition que leurs histoires ne fassent pas la morale aux enfants. Ça, il n’aime pas ça, mais alors là, pas du tout. D’ailleurs, parmi tous les livres qu’il a illustrés jusqu’à maintenant, Petit zizi est celui qu’il préfère : c’est une histoire à la fois drôle et touchante, qui surprend d’abord avec un titre pareil, mais qui finit par charmer tout le monde qui la lit… L’as-tu déjà lue, toi? Lorsqu’il illustre un livre pour enfants, Stéphane Poulin ressent un très grand bien-être; il se sent tellement bien qu’il tente de faire durer le plaisir le plus longtemps possible.

Il a le sentiment de vivre avec les personnages de l’histoire tout au long de la réalisation du projet. Il doit parfois trouver un peu difficile de les quitter une fois le livre terminé…

Vivre dans ses décors et rencontrer ses personnages
Ouvrir un livre illustré par Stéphane Poulin, c’est s’offrir un cadeau. Observer ses illustrations, c’est faire une longue et délicieuse promenade dans un nouveau décor. D’un coin à l’autre de la page se trouvent des petites choses que l’on n’avait pas remarquées à la lecture précédente. Un livre de Stéphane Poulin se lit et se relit des milliers de fois…

D’un côté, les décors qu’il peint ressemblent à des photos prises sur le vif : réalistes, farcies de petits détails qui peuvent aller de la forme des nuages dans le ciel au motif du tricot que porte l’un de ses personnages. Mais de l’autre côté, ses personnages ont un petit quelque chose d’un peu foufou ou de loufoque. Peut-être à cause de leur allure rebondie et de leurs petits yeux ronds!

Les illustrations de Stéphane Poulin partagent un petit air vieillot : on y voit des jouets de bois, des édredons brodés, des robes à dentelles. Il choisit des angles de vue particuliers pour illustrer une scène. Observe bien, tu vas voir : la petite fée du Vieux Thomas cachée en haut de la tablette, effrayée par l’énorme chien méchant, une vue sur toutes les cabines de douches dans Petit zizi…! Enfin, il y a la lumière : on pourrait presque croire que si nous fermions toutes les lampes dans la pièce où nous nous trouvons, le soleil ou la lune dans les illustrations de Stéphane Poulin continuerait à nous éclairer!

Comme tout artiste, Stéphane Poulin se sent inspiré par certains peintres.

Parmi ceux-ci : les impressionnistes français (Monet, Manet), les « peintres de genre » du XVIIe siècle, notamment Rembrandt et Vermeer, mais aussi l’Américain Norman Rockwel.(l)

Si Stéphane Poulin travaille à la peinture à l’huile, ce n’est pas vraiment parce que c’est plus beau que la peinture à l’eau, comme le dit la chanson – d’ailleurs, les illustrations à l’aquarelle, c’est magnifique.

(1) Pour en savoir plus sur le peintre Norman Rockwell : http://www.nrm.org/.

Non. Nous avons déjà entendu dire que si Stéphane Poulin peint à l’huile, c’est pour peindre en compagnie de ses enfants, la peinture à l’huile permettant de recommencer s’il y a un petit dégât, une tache ou une erreur…

Dans la vraie vie, Stéphane Poulin ressemble à un personnage d’un de ses livres. Bottines et bretelles, il promène un grand sourire plein de douceur et de générosité et voit le meilleur dans chacun…

Un grand artiste, mais aussi un grand homme. On te le dit : Stéphane Poulin est un ami des anges et il peint avec les plumes de leurs ailes…

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