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Le Journal du village

Tire la chevillette, le Petit Chaperon rouge en vedette!

D’après Charles Perrault

Portrait de Charles Perrault.

Peut-être as-tu toujours pensé que Le Petit Chaperon rouge avait été écrit par Charles Perrault. Tu n’avais pas tort, mais tu n’avais pas raison non plus… En réalité, Charles Perrault est le premier à avoir mis sur papier sa propre version du conte oral, qui a paru dans les Contes de ma mère l’Oye en 1697. Mais pour faire cela, il s’est inspiré des versions orales qu’il avait entendues.

 

Clique ici pour une version imprimable du conte [PDF].

Le Petit Chaperon rouge

Conte adapté par Annie Langlois, d’après la version originale de Charles Perrault.
Perrault, Charles, Contes de fées, illustré par Gustave Doré.
New-York, Didier, 1945, p. 31-35.

 

Il était une fois une petite fille de Village, la plus jolie qu’on eût su voir; sa Mère en était folle, et sa Mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge qui lui seyait si bien que partout on l’appelait le Petit Chaperon rouge.

Un jour sa Mère, ayant cuit et fait des galettes, lui dit :
— Va voir comme se porte ta Mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade. Porte-lui une galette et ce petit pot de beurre.
Dans le bois, le Petit Chaperon rouge rencontra compère le Loup. Il lui demanda où elle allait; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un Loup, lui dit :
— Je vais voir ma Mère-grand, et lui porter une galette avec un petit pot de beurre que ma Mère lui envoie.
— Demeure-t-elle bien loin? lui dit le Loup.
— Oh! oui, dit le Petit Chaperon rouge, c’est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, à la première maison du Village.
— Hé bien, dit le Loup, je veux l’aller voir aussi; je m’y en vais par ce chemin ici, et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera. 
Le Loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s’en alla par le chemin qui était le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu’elle rencontrait.

Le Loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la Mère-grand; il heurte : « Toc, toc. »
— Qui est là?
— C’est votre fille le Petit Chaperon rouge (dit le Loup, en contrefaisant sa voix).
La bonne Mère-grand lui cria :
— Tire la chevillette, la bobinette cherra. 
Le Loup tira la chevillette, et la porte s’ouvrit. Il se jeta sur la bonne femme, et la dévora en moins de rien.

Le Loup alla se coucher dans le lit de la Mère-grand, en attendant le Petit Chaperon rouge, qui quelque temps après vint heurter à la porte : « Toc, toc. »
— Qui est là?
Le Petit Chaperon rouge, croyant que sa Mère-grand était enrhumée, répondit : — C’est votre fille le Petit Chaperon rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma Mère vous envoie. 
Le Loup lui cria en adoucissant un peu sa voix :
— Tire la chevillette, la bobinette cherra.
Le Petit Chaperon rouge tira la chevillette, et la porte s’ouvrit. Le Loup, la voyant entrer, lui dit :
— Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi. 
Le Petit Chaperon rouge fut bien étonnée de voir comment sa Mère-grand était faite en son déshabillé. Elle lui dit :
— Ma Mère-grand, que vous avez de grands bras!
— C’est pour mieux t’embrasser, ma fille.
— Ma Mère-grand, que vous avez de grandes jambes!
— C’est pour mieux courir, mon enfant.
— Ma Mère-grand, que vous avez de grandes oreilles!
— C’est pour mieux écouter, mon enfant.
— Ma Mère-grand, que vous avez de grands yeux!
— C’est pour mieux voir, mon enfant.
— Ma Mère-grand, que vous avez de grandes dents!
— C’est pour te manger. 

Et en disant ces mots, ce méchant Loup se jeta sur le Petit Chaperon rouge, et la mangea.

Le Petit Chaperon rouge à la douzaine

C’est Charles Perrault qui a donné au conte le titre qu’on lui connaît aujourd’hui, Le Petit Chaperon rouge. Avant qu’il publie sa version, il n’était pas question de la couleur rouge du vêtement; c’est une fantaisie que l’auteur s’est permise d’ajouter pour mieux définir l’héroïne de l’histoire. Si tu avais été à la place de Charles Perrault, de quelle couleur aurais-tu habillé ton personnage?

Medaille.  Medaille.  Medaille.

  Medaille.  Medaille.  Medaille.

  Medaille.  Medaille.  Medaille.

  Medaille.  Medaille.  Medaille.

  
As-tu lu le texte de Perrault?


Si oui, as-tu remarqué combien de fois le terme «Petit Chaperon rouge» est utilisé par l’auteur? (Réponse : 12 fois en comptant le titre.) Ces nombreuses répétitions ont pour but de bien implanter le nom du personnage dans l’esprit du lecteur afin que tous s’en rappellent. Un petit truc qui a bien fonctionné si on en considère la popularité du Petit Chaperon rouge!

 

Perrault fait la morale


En écrivant le texte du Petit Chaperon rouge, Charles Perrault s’est un peu approprié l’histoire. Il lui a donné un titre, il lui a aussi choisi un dénouement parmi tous ceux proposés dans les versions orales. Dans son texte, la fillette est mangée par le loup. Un point, c’est tout. Charles Perrault a aussi cru bon d’ajouter une morale à la fin de l’histoire afin de la transformer en un conte d’avertissement. Selon toi, quelle serait la morale de cette histoire?

MORALITÉ

On voit ici que de jeunes enfants,
Surtout de jeunes filles
Belles, bien faites, et gentilles,
Font très mal d’écouter toute sorte de gens,
Et que ce n’est pas chose étrange,
S’il en est tant que le loup mange.
Je dis le loup, car tous les loups
Ne sont pas de la même sorte;
Il en est d’une humeur accorte,
Sans bruit, sans fiel et sans courroux,
Qui privés, complaisants et doux,
Suivent les jeunes Demoiselles
Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles;
Mais hélas! qui ne sait que ces Loups doucereux,
De tous les Loups sont les plus dangereux.

 

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