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Le Journal du village

Tire la chevillette, le Petit Chaperon rouge en vedette!

Il était une fois, il y a très très longtemps...

 

Le conte du Petit Chaperon rouge dans la tradition orale

Avant d’être publiée dans des livres, l’histoire du Petit Chaperon rouge existait dans la tradition orale, c’est-à-dire qu’elle était transmise de bouche à oreille.

La grand-mère et le loupÀ cette époque, la télévision n’existait pas. Pour se divertir, les gens se réunissaient et se racontaient des histoires pendant des soirées complètes. Savais-tu que le conte du Petit Chaperon rouge a d’abord été créé pour les adultes et non pour les enfants? D’ailleurs, la fillette ne portait pas le nom qu’on lui connaît aujourd’hui et le titre du conte changeait d’une région à l’autre. Le plus souvent, on lui donnait le titre de La fillette et le loup; parfois, c’était plutôt La grand-mère et le loup.


Conte de la Mère-grand

Version traditionnelle orale recueillie par le folkloriste Achille Millien dans le Nivernais, une région de la France, autour de 1870.

« Conte de la Mère-grand » dans Paul Delarue, Le Conte populaire français, Paris, Maisonneuve et Larose, 1957, p. 373-374.

 

C’était une femme qui avait fait du pain. Elle dit à sa fille :
— Tu vas porter une époigne toute chaude et une bouteille de lait à ta grand.
Voilà la petite fille partie. À la croisée de deux chemins, elle rencontra le bzou qui lui dit :

— Où vas-tu?
— Je porte une époigne toute chaude et une bouteille de lait à ma grand.
— Quel chemin prends-tu?
— Celui des aiguilles, dit la petite fille.
— Eh bien! moi, je prends celui des épingles; et le bzou arriva chez la Mère-grand, la tua, mit de sa viande dans l’arche et une bouteille de sang sur la bassie. La petite fille arriva, frappa à la porte.
— Pousse la porte, dit le bzou. Elle est barrée avec une paille mouillée.
— Bonjour, ma grand, je vous apporte une époigne toute chaude et une bouteille de lait.
— Mets-les dans l’arche, mon enfant. Prends de la viande qui est dedans et une bouteille de vin qui est sur la bassie.
Suivant qu’elle mangeait, il y avait une petite chatte qui disait :
— Pue!... Salope!... qui mange la chair, qui boit le sang de sa grand.
— Déshabille-toi, mon enfant, dit le bzou, et viens te coucher vers moi.
— Où faut-il mettre mon tablier?
— Jette-le au feu, mon enfant, tu n’en as plus besoin.

Et pour tous les habits, le corset, la robe, le cotillon, les chausses, elle lui demandait où les mettre. Et le loup répondait : « Jette-les au feu, mon enfant, tu n’en as plus besoin ».

Quand elle fut couchée, la petite fille dit :
— Oh! ma grand, que vous êtes poilouse!
— C’est pour mieux me réchauffer, mon enfant!
— Oh! ma grand, ces grands ongles que vous avez!
— C’est pour mieux me gratter, mon enfant!
— Oh! ma grand, ces grandes épaules que vous avez!
— C’est pour mieux porter mon fagot de bois, mon enfant!
— Oh! ma grand, ces grandes oreilles que vous avez!
— C’est pour mieux entendre, mon enfant!
— Oh! ma grand, ces grands trous de nez que vous avez!
— C’est pour mieux priser mon tabac, mon enfant!
— Oh! ma grand, cette grande bouche que vous avez!
— C’est pour mieux te manger, mon enfant!
— Oh! ma grand, que j’ai faim d’aller dehors!

— Fais au lit, mon enfant!
— Oh! non, ma grand, je veux aller dehors.
— Bon, mais pas pour longtemps.

Le bzou lui attacha un fil de laine au pied et la laissa aller. Quand la petite fut dehors, elle fixa le bout du fil à un prunier de la cour. Le bzou s’impatientait et disait : « Tu fais donc des cordes? Tu fais donc des cordes? » Quand il se rendit compte que personne ne lui répondait, il se jeta à bas du lit et vit que la petite était sauvée. Il la poursuivit, mais il arriva à sa maison au moment où elle entrait.

Source: Delarue, Paul. Le conte populaire français, Paris, Maisonneuve et Larose, 1957.

Le Petit Chaperon rouge globe-trotter!

Des versions du Petit Chaperon rouge ont été retrouvées en Europe, évidemment, mais aussi sur le continent africain et en Extrême-Orient. On a même retrouvé dans des recueils de contes chinois une histoire intitulée La grand-mère et le loup qui se rapproche drôlement du conte que l’on connaît aujourd’hui.

Mais les traces les plus évidentes de cette histoire ont été retrouvées en France, dans la partie nord des Alpes. Les versions qu’on y a retracées sont très différentes les unes des autres. C’est normal, puisque chaque conteur relatait l’histoire à sa manière, en ajoutant ou en retirant des détails. Mais malgré leurs différences, ces contes sont les ancêtres de la version que tu connais si bien.

 

Une fillette plus maligne qu’il n’y paraît!

Les anciennes versions du conte proposent aussi des dénouements très surprenants. Parfois, quand elle se trouve dans le lit avec le loup, la fillette feint une envie d’aller aux toilettes. Le loup la laisse sortir, mais attache un fil à sa cheville pour pouvoir suivre ses mouvements. Quand la petite fille se trouve dehors, elle se dégage du fil, l’attache à un arbre et fuit les lieux. Si tu avais été à la place de la fillette, aurais-tu pensé à cette stratégie ?  

Dans une autre version, le loup est remplacé par un vilain homme qui se promène à dos de truie. La fillette est aidée dans sa fuite par des dames qui lavent des draps à la rivière. Elles tendent les draps pour laisser passer l’enfant. Et quand l’homme-truie arrive à son tour, elles lâchent les draps et il se noie dans la rivière.

 

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