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Le Journal du village

Des insectes et des hommes

Des insectes utiles

 

Des insectes qui permettent aux plantes de se reproduire : la pollinisation

Abeille domestique, Insectarium de Montréal, René Limoges.Tu sais évidemment que les abeilles nous donnent du miel. Mais celles-ci font plus : elles permettent aux plantes de se reproduire en favorisant l’échange de pollen entre elles. On appelle cela la pollinisation. Cette fécondation permet à un arbre de porter des fruits. C’est pourquoi un apiculteur (éleveur d’abeilles) voisinera souvent un pomiculteur (producteur de pommes). Même les guêpes dont on craint les piqûres permettent aux plantes de se reproduire.

Depuis une dizaine d’années, au Québec, on a pris conscience de l’importance des abeilles dans le cycle de la vie des plantes. En effet, des ruches entières ont été victimes d’un parasite nommé varroa. Cette variété d’acarien (arachnide) venue d’Asie rend les abeilles plus faibles et plus vulnérables aux maladies. En 2003, le varroa a causé la perte de près de la moitié des ruches du Québec! Par conséquent, ce petit parasite de rien du tout a aussi mis en péril des récoltes de pommiers, de bleuets et de fraises! Pas de pollinisation, pas de fruits! Heureusement qu’il y a aussi des papillons, des bourdons, des guêpes et toute une variété de coléoptères! Tu es chanceux de pouvoir mettre du miel sur tes rôties!

 

Des insectes qui détruisent les parasites des plantes

coccinelleLes coccinelles sont utiles pour Coccinelle, Insectarium de Montréal, René Limoges.l’homme surtout parce qu’elles sont gourmandes! Elles adorent les pucerons! Ces petits insectes s’attaquent à nos plantes de jardin, mais aussi de parterre. Ils prolifèrent rapidement et une façon écologique de s’en débarrasser est d’avoir des coccinelles dans son jardin. En général, on n’a pas besoin d’en
introduire. Depuis quelques années, la coccinelle asiatique est très présente au Québec et s’attaque avec joie aux pucerons et autres petits insectes nuisibles.

 

Des insectes pour s’habiller : le ver à soie

Bombyx mori, cocon, Insectarium de Montréal, René Limoges.Selon la légende, vers 2700 avant J.-C., l’impératrice chinoise Si-Ling-Chi prenait le thé, quand un cocon du papillon bombyx du mûrier (Bombyx mori) est tombé dans sa tasse. En l’enlevant, elle a remarqué que le cocon se défaisait en fibres miroitantes. Elle a eu l’idée d’élever des papillons pour garder les cocons et les transformer en fibres de tissu.


Bombyx mori, chenille, Insectarium de Montréal, René Limoges.Le commerce de la soie a débuté et les Chinois ont gardé jalousement ce secret pendant des siècles. Les vêtements de soie se vendaient littéralement à prix d’or. Ce n’est qu’en 555 de notre ère que l’empereur Justinien a envoyé deux moines en voyage en Chine et que ceux-ci ont rapporté des œufs de bombyx cachés dans leur bâton de marche! La sériculture (l’élevage des vers à soie) s’est propagée dans toute l’Europe et même jusqu’aux États-Unis. Encore aujourd’hui, les vêtements de soie demeurent des produits de luxe très appréciés.

C’est ainsi que le bombyx du mûrier est devenu le seul insecte réellement domestiqué par l’homme, car on ne le retrouve plus en liberté dans la nature. Sa survie dépend totalement de l’homme!

 

Des insectes pour colorer les vêtements : le kermès et la cochenille

Est-ce que tu savais que la couleur rouge n’a pas toujours existé sur les vêtements? Dans l’Antiquité, il fallait l’extraire de plantes comme la garance, mais aussi d’insectes comme les kermès et les cochenilles.

Le kermès (Kermococcus vermillius) est un petit insecte parasite des chênes qui vit dans la région de la mer Méditerranée. On peut extraire la couleur rouge de la femelle juste avant sa ponte. En la broyant, on obtient une petite quantité de substance rouge. Lorsque le kermès était la seule source de rouge, il fallait beaucoup d’insectes pour pouvoir teindre un tissu, c’est pourquoi cette couleur se vendait très cher. Il n’y avait que les rois, les reines et les personnes très riches qui avaient les moyens de porter du rouge!

Mais un jour, on a découvert la cochenille! On rapporte qu’on teignait des vêtements avec les cochenilles au Pérou depuis 700 av. J.-C.! En 1518, Cortez l’a découvert lors de son voyage au Mexique. Quelques années plus tard, le procédé a été commercialisé en Europe.

La cochenille (Dactylopius coccus) est un minuscule insecte parasite (moins de 1 mm) d’une variété de cactus d’Amérique centrale. On extrait le carmin, c’est-à-dire la teinture rouge, de la femelle. Il est difficile d’élever la cochenille, car elle peut se répandre, s’attaquer à d’autres plantes et causer de graves dommages.
On a utilisé la cochenille pour colorer des rouges à lèvres, du vernis à ongles et même des aliments! Aujourd’hui, on se sert de colorant synthétique, mais la cochenille a été utilisée jusque dans les années 1950.

 

Des insectes pour guérir : des vers nettoyeurs de plaies

Mais oui, des vers qui nettoient les plaies, ça existe! Lors de la Première Guerre mondiale, on a découvert que certains malades, laissés à l’abandon et dont les plaies étaient infestées de vers, guérissaient plus rapidement que les autres malades dont on s’occupait!
Plus tard, on a découvert qu’il s’agissait de larves de mouches vertes (Lucilia sericata) qui se nourrissent de chairs mortes.

Dans certains cas, en médecine, on se sert encore des larves de cette mouche pour nettoyer certaines plaies et faciliter leur cicatrisation. Les larves produisent une substance stérilisante et ne mangent que la chair morte. Elles s’arrêtent ensuite! Ce ne sont pas toutes les larves de mouches qui agissent comme ça. Ne tente rien à la maison!

 

Des insectes pour nettoyer : les insectes nécrophages et coprophages

Les insectes sont utiles pour faire le ménage dans la nature! Lorsqu’un animal meurt, il y a toute une variété d’insectes qui s’installe et qui se nourrit de ses restes. On dit que ce sont des insectes nécrophages. Par exemple, aux États-Unis, l’insecte nommé American Burying Beetle (Nicrophorus americanus) creuse un trou pour enterrer les animaux morts qu’il trouve. Il pond ensuite ses œufs dans la carcasse de l’animal. Ainsi, lorsque ses petits naîtront, ils auront de quoi se nourrir! Il existe plusieurs insectes semblables au Québec.

Sans parler des insectes coprophages qui se nourrissent des excréments des animaux! Il peut s’agir de diptères (comme les mouches) ou, la plupart du temps, de coléoptères. Ceux-ci pondent leurs œufs dans une bouse (fraîche de préférence). Certains scarabées, plus précisément les bousiers, roulent une petite boule d’excréments pour aller l’enfouir plus loin et y pondre leurs œufs. La bouse nourrit le sol, l’engraisse, et le cycle écologique de la nature se perpétue. Les insectes coprophages sont très utiles : s’ils n’existaient pas, la planète serait noyée sous un océan de caca!

 

Des insectes pour décorer

Certains peuples de la Terre se servent des insectes pour en faire des parures. Par exemple, en Équateur, on se sert du Insectes en bijoux: Megazoopherus chilensis, Insectarium de Montréal, René Limoges.coléoptère Chrysophora chrysochlora, d’un vert très vif, pour en faire des colliers.

Au Mexique, on fixe sur le coléoptère zopherus (Zopherus chilensis) des pierres précieuses ou semi-précieuses. Cet insecte, assez gros, s’accroche aux vêtements et se déplace très lentement. On l’attache avec une petite chaîne et on a un bijou vivant! Lorsqu’on ne le porte pas, on le dépose dans un vivarium où il est nourri et peut se reposer!

Megazoopherus chilensis, Insectarium de Montréal, René LimogesParfois, on se sert de ce que l’insecte produit pour décorer. Un bon exemple de ceci est la cire d’abeille. Pendant la Renaissance, certains sculpteurs comme Verrocchio et Michel-Ange ont créé des prototypes de leurs sculptures avec de la cire d’abeille.  Au XVIIIe siècle, il y a eu des musées de cire et plusieurs personnages célèbres avaient une statue à leur effigie. Les statues de cire étaient aussi faites de cire d’abeille. On les habillait, on leur ajoutait une perruque et des yeux de verre. Les statues ressemblaient à des humains à s’y méprendre! En Angleterre, le célèbre musée de cire de Mme Tussaud, fondé au XIXe siècle, existe toujours. On peut y admirer la reproduction de plusieurs vedettes comme Brad Pitt ou Julia Roberts.

 

Des insectes pour se nourrir? 

Le miel que les abeilles fabriquent est connu, et très bon pour la santé! Le goût des humains pour le miel ne date pas d’hier. On a retrouvé sur des murs de cavernes des peintures  datant de 6000 ans av. J.-C. montrant clairement des hommes en train de voler du miel! Au Moyen Âge, c’était pratiquement la seule forme de sucre que les gens pouvaient manger, qu’ils soient riches ou pauvres. La cire ainsi que la gelée royale des abeilles avaient la réputation de posséder des propriétés magiques et de guérison.

Bien sûr, on savoure sans problème le miel, mais des insectes? Beurk! Et pourtant, nous en mangeons indirectement puisque les poissons, les oiseaux ainsi que certains mammifères se nourrissent d’insectes!

Il est prouvé que les premiers humains consommaient régulièrement des insectes. De nos jours, dans plusieurs pays du monde, on mange certains insectes pour profiter de leur goût délicieux. De plus, ceux-ci sont moins gras que les viandes et meilleurs pour la santé! En fait, ce n’est que dans le monde occidental (les Amériques et l’Europe) qu’on a peur d’en manger. Pourtant, tout est dans la préparation : on peut faire des grillons sautés avec des zucchinis! Il existe des livres de recettes spécialisés sur le sujet. À toi de jouer!

 

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